ACCUEIL

Je propose des ateliers d’écriture au sein desquels sont abordés des sujets « chauds », actuels, clivants. Par le recours à la poésie et à la fiction, on peut contourner ou bousculer les termes d’un débat souvent sclérosé, simpliste, trop général ou trop théorique. On prête alors attention à la singularité des expériences et des imaginations – plutôt qu’aux discours largement diffusés –, et aux ressentis – plutôt qu’aux arguments par avance.

L’originalité de mon approche tient sans doute de ma formation à l’anthropologie sociale et culturelle : à penser des cultures différentes, on développe certaines aptitudes à la médiation. Cela signifie que ces ateliers d’écriture, sans prétendre être tout à fait neutres, ne sont pas des ateliers militants. On y a sa place quelles que soient ses opinions : les seuls critères qui comptent sont l’ouverture d’esprit, l’envie d’écrire, et le respect envers l’expression de l’autre. Je souhaite que cette liberté ait cours au bénéfice de l’innovation sociale.

En 2018, mes ateliers avaient pris pour thème l’écriture inclusive, écriture qui conteste la règle selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin ». Depuis 2020, en plus des ateliers d’écriture créative en langue inclusive, je propose un atelier sur le thème de la relation aux animaux d’élevage, que j’animerai pour la première fois le 31 mai sur le site de la ferme de Vernand (Loire), pour le compte de l’association Polyculture*.

 

* Malheureusement, cet atelier a été reporté. Il devait se tenir lors d’une journée d’animations culturelles qui n’était pas possible à ce stade du déconfinement.

ATELIERS

Quoiqu’ils puissent susciter de stimulants débats, les discours les plus diffusés aujourd’hui rendent peu compte de la diversité des postures et sensibilités existantes parmi nous.

Les ateliers que je propose ne visent pas à apporter de réponses à des questions telles que « Pouvons-nous manger des animaux ? » ou « Dois-je choisir l’écriture inclusive ? », ni d’ailleurs à quelque question que ce soit. Ils visent plutôt à rendre justice à la singularité des expériences et des imaginations, avec leur potentiel de créativité non seulement artistique mais aussi sociale et éthique. Ils le font en proposant des entrées sensibles ou décalées, comme autant de moyens d’éviter l’écueil des prêts-à-penser.

À chaque fois, il s’agit d’utiliser le détour par l’écriture créative, tantôt pour mettre de côté les discours trop ressassés, trop généraux, tantôt pour offrir une détente permettant d’examiner d’autres manières de voir : en effet l’enjeu n’est jamais de prendre position, seulement de se laisser aller à une exploration créative qui ne dure que le temps de l’atelier.

Même si les sujets sont clivants et actuels, on participe à ces ateliers d’abord pour le plaisir d’écrire : c’est par la poésie, le récit, la lettre et pourquoi pas l’humour que l’on s’emploie à bousculer ou passer entre les lignes du débat.

THÈMES D’ATELIERS

Mon premier atelier d’écriture était consacré à l’écriture inclusive, qui refuse la préséance du genre masculin dans la langue française. Une première séance a eu lieu en mars 2018 dans la petite bibliothèque de village d’Esplas de Sérou, une deuxième le mois suivant en Médiathèque de Fabas, avec à chaque fois 8 à 12 écrivants et surtout écrivantes ; deux autres séances se sont tenues dans un cadre plus informel. J’ai hélas dû mettre en pause cette activité d’animation incompatible avec ma vie professionnelle d’alors. Devenu plus disponible, et parce que les enthousiasmes ou les crispations que suscite cette écriture sont toujours d’actualité, je recommence à proposer cet atelier qui s’est enrichi de l’expérience des premières séances. Une présentation plus complète est à découvrir ici.
Si vous vous étonnez que cette page ne soit pas intégralement rédigée en écriture inclusive alors même que je propose un atelier, vous en trouverez l’explication dans ce billet.

Je propose cette année un nouvel atelier qui porte sur la relation que l’on entretient avec les animaux élevés pour leur chair, leur lait, leurs œufs ou encore leur laine. J’animerai pour la première fois une séance sur ce thème le 31 mai 2020 * à Fourneaux (Loire) pour le compte de l’association Polyculture. On s’y intéressera surtout aux animaux que l’on élève et que l’on mange. Puisque l’atelier aura lieu dans une ferme, il devrait accorder, entre autres, une certaine attention à l’expérience des éleveurs. À chaque fois que c’est possible et pertinent, je souhaite tenir compte des lieux et du contexte.

D’autres thèmes sont à venir… On peut également m’en proposer. D’une manière générale, la diversité des formes de cohabitation entre sauvage et cultivé, les accords et tensions entre individu et communauté, mais aussi les différentes attitudes contemporaines face aux ambitions transhumanistes – augmentation des capacités humaines et lutte contre les phénomènes de vieillissement et de mort –, voire pourquoi pas la question épineuse du conflit existant entre liberté et sécurité, sont des thèmes qui pourraient me motiver. Néanmoins, il faut tenir compte du fait que la conception et la préparation de tels ateliers demande beaucoup de temps en termes de lectures, de réflexion, de création de propositions d’écriture… Je ne m’imagine pas animer un atelier abordant un thème pour lequel je n’aurais aucune culture !

Si je ne peux m’éparpiller dans les thèmes, je peux, en revanche, moduler un atelier en tenant compte du public, de la structure d’accueil, des retours issus de précédentes animations, ou simplement de nouvelles idées. J’ai toujours en stock plus de propositions d’écriture que je ne peux en proposer lors d’une séance ! Des collaborations sont également possibles. Par exemple, l’écriture inclusive peut rencontrer les arts visuels (qui regarde qui ?) ou la danse (qui guide qui ?).

 

* Malheureusement, l’atelier du 31 mai 2020 a finalement été reporté. Il devait se tenir lors d’une journée d’animations culturelles qui n’était pas possible à ce stade du déconfinement.

EN PRATIQUE

La séance type dure environ 2h30 et inclut trois propositions d’écriture (ou inducteurs) relatives à un même thème. L’atelier se compose en principe d’une séance unique, quoiqu’on puisse envisager un cycle de deux ou trois séances (par exemple : 3 x 2h) pour aller plus loin. Une séance de 4h ou 6h (avec une pause repas !) est également possible.

L’effectif idéal est de 8 participants. J’ai animé une séance avec 12 personnes, qui s’est très bien passée, mais ce n’est pas l’idéal : cela tend à rallonger la durée de l’atelier, et certains participants ont tendance à rester en retrait lors des échanges.

Durant la séance

L’animateur fait une première proposition d’écriture, qui peut comporter un certain nombre de suggestions et/ou de contraintes, et qui peut éventuellement faire appel à un texte, ancien ou contemporain, comme source d’inspiration. Suit un temps d’écriture où l’on s’adonne au récit, à la poésie, ou à un genre plus descriptif ou épistolaire… Puis un temps de lecture où l’on donne à entendre son texte.

Durant les échanges suivant la lecture, on s’appuie sur ce qui émerge des textes, on n’hésite pas à réagir aux lectures des autres, quitte à faire répéter un passage durant la discussion. L’idée est de susciter une réflexion qui s’adosse davantage à la production poétique du groupe d’écrivants qu’à des arguments par avance, avec lesquels on se serait présentés, par exemple, à un débat traitant de la condition animale, de l’avenir de l’élevage paysan, ou encore de l’utilité de l’écriture inclusive.

En tant qu’animateur, je peux apporter des éléments de contexte, pourquoi pas des interrogations, et surtout tâcher de tenir le fil de l’atelier. Les temps de discussion sont forcément limités par la succession des propositions d’écriture. Ce n’est pas vraiment un souci, l’intérêt de l’atelier venant surtout de l’expérience du temps d’écriture et de l’écoute des textes des autres écrivants. La séance achevée, la réflexion se poursuivra en autonomie les jours suivants de façon plus ou moins diffuse.

Et ensuite ?

Il est possible de conserver un choix de textes, sur support numérique ou papier, ou de les exposer au sein de la structure d’accueil, voire d’en proposer une lecture publique.

Il n’est pas interdit d’organiser un débat sur le même thème quelques semaines ou quelques mois plus tard. Le débat a ses écueils et ses limites, mais ces ateliers n’ont pas vocation à le remplacer. Il s’agit de deux démarches complémentaires, qui peuvent trouver place au cours de la même saison.

Pour qui ?

Ces ateliers peuvent trouver place en bibliothèque, médiathèque, MJC, être accueillis par une association culturelle… la liste est ouverte. Ils s’adressent à un public adulte tout en pouvant s’ouvrir à des adolescents. Aucun « niveau » d’écriture n’est requis : on n’est seulement tenu d’avoir envie d’écrire et de faire preuve d’un minimum d’ouverture d’esprit.

Quelles sont mes conditions ?

Les premiers ateliers que j’ai animés l’ont été de manière bénévole. Néanmoins, au vu de la somme de travail que requiert la préparation d’un atelier thématique, je souhaite commencer à facturer mes prestations chaque fois que possible. À noter que je n’ai pas encore de statut ; cela devrait être réglé durant ce printemps 2020, soit que j’intègre une coopérative d’activité et d’emploi, soit (si la première option ne fonctionne pas) que je crée une micro-entreprise.

Je peux encore, et en particulier pour de toutes petites structures (comme une petite bibliothèque de village), animer des ateliers de façon bénévole. Dans ce cas, je souhaite au moins être défrayé de mes frais de déplacement (quoique dans certains cas un bon repas chez l’habitant puisse aussi bien faire l’affaire !).

ATELIER D’ÉCRITURE CRÉATIVE EN LANGUE INCLUSIVE

La langue française est un terrain sensible. L’écriture inclusive, en refusant la règle selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin », prête forcément à polémique.

Hélas les crispations politiques et le caractère théorique des argumentaires pour ou contre sont peu propices à l’expérimentation sensible de la langue inclusive. Une approche créative qui, plutôt que d’enjoindre à répondre à la question « Dorénavant, faudra-t-il que je m’exprime dans cette langue ? », privilégie la pratique des jeux du son et du sens, se révèle parfois plus riche.

Si on la connaît surtout sous la forme du double marquage du genre (ex : marqué∙es), l’écriture inclusive peut en fait répondre à une grande diversité de règles (accord de proximité, accord à la majorité, formes liées ou formes fusionnées…), dont certaines restent à inventer, ou simplement à retrouver en vieux français. L’écriture créative encourage particulièrement à explorer les formes les plus compatibles avec la littérature et l’oralité.

La séance d’atelier dure environ 2h30. Vous vous verrez proposer trois inducteurs, invitations au récit ou à la poésie dans un français investi comme une langue vraiment vivante. Chaque temps d’écriture est suivi d’un temps de lecture et de discussion.

On y vient sans pression : peu importe les opinions sur l’écriture inclusive, les seuls prérequis, ce sont l’envie d’écrire et un peu de curiosité.

QUI SUIS-JE

Ma formation est éclectique. Trop distrait au collège pour poursuivre en voie générale, j’ai réalisé la fin de mon enseignement secondaire en alternance dans le domaine de l’environnement (BEP Agricole en Aménagement de l’Espace Rural puis Brevet de Technicien Agricole en Gestion de la Faune Sauvage), avant de m’orienter vers la conception de produits industriels. C’est finalement à l’université que j’ai connu mes plus belles années d’études, conclues par l’obtention d’un Master 2 Recherche en Anthropologie sociale et culturelle.

Mon parcours professionnel est également divers avec, en pointillés, de nombreuses sessions de travaux sur l’exploitation agricole et forestière familiale dans les Pyrénées. J’ai été, pêle mêle, poseur de panneaux photovoltaïques, télé-enquêteur, employé de rayon, mécanicien TP, puis médiateur développement durable dans un collège labellisé, et enfin chargé de projets solidaires et responsable social media France chez Almo Nature (aliments pour chiens et chats).

Réalisant qu’un poste de cadre ne me laisserait jamais le temps de me consacrer pleinement à mes projets liés à l’écriture, non plus qu’à mes réflexions d’anthropologue, je me suis mis à la recherche d’une autre voie, qui me permettrait de trouver l’équilibre entre travaux physiques et recherches créatives et intellectuelles. Je travaille depuis peu à temps partiel et à l’extérieur, avec l’intention de consacrer le reste de mon temps… à tout le reste, et en particulier à l’animation d’ateliers d’écriture, activité que j’ai commencé à exercer bénévolement en 2018. Sur le point de créer mon activité d’animateur, en micro-entreprise ou en coopérative d’activité et d’emploi, je n’ai pas encore de statut, mais la situation devrait se régler au cours du printemps 2020.

Je vis aujourd’hui dans le Rhône.

BLOG

Des ateliers « vraiment pas » militants ?

Classiquement, on milite pour ou contre, on promeut ou on se défend. En ateliers je souhaite encourager l’exploration créative plutôt qu’inviter à prendre position – ce qui nous emmènerait sur le terrain du débat argumentatif, voire de la polémique …